LA
(Un bagage est nécessaire; Le Nous emporterons nos vœux, Nos bonheurs, notre misère, Et la fleur de tes cheveux.
. . . A «Viens, le soir brunit les chênes; Le moineau rit; ce moqueur
Entend le doux bruit des chaînes Que tu m'as mises au cœur.
«Ce ne sera point ma faute
Si les forêts et les monts,
En nous voyant côte à côte, Ne murmurent pas : Aimons!
«Viens, sois tendre, je suis ivre.
O les verts taillis mouillés!
Ton souffle te fera suivre
Des papillons réveillés.
«L’envieux oiseau nocturne, Triste, ouvrira son œil rond;
Les nymphes, penchant leur urne, Dans les grottes souriront,
«Et diront : «Sommes-nous folles!
«C'est Léandre avec Héro; (En écoutant leurs paroles «Nous laissons tomber notre eau. »
«Allons-nous-en par l'Autriche!
Nous aurons l'aube à nos fronts; Je serai grand, et toi riche, Puisque nous nous aimerons.
(CAllons-nous-en par la terre,
Sur nos deux chevaux charmants, Dans l’azur, dans le mystère, Dans les éblouissements!
Nous entrerons à l'auberge, Et nous patrons l'hôtelier De ton sourire de vierge, De mon bonjour d’écolier.
«Tu seras dame, et moi comte; Viens, mon cœur s'épanouit; Viens, nous conterons ce conte Aux étoiles de la nuit.»
La mélodie encor quelques instants se traîne Sous les arbres bleuis par la lune sereine,
Puis tremble, puis expire, et la voix qui chantait S'éteint comme un oiseau se pose; tout se tait.