‹ Poésien diversen. Coups d'aile et coups de becChapitre 13 sur 100 · LE JOUR DES MORTS · texte numérisé non relu

LE JOUR DES MORTS

Qui meurt avec Tété. La terre est une tombe, un vaste cimetière

Où dorment nos aines.

A peine reste-t-il de mainte race altière,

Quelques os décharnés.

De TAurore au Couchant, de l'Equateur aux Pôles,

Déjà le genre humain Jonche de ses débris d'immenses nécropoles

Où nous serons demain.

Aujourd'hui, l'œil en pleurs, nous pensons à nos frères

Qui nous ont devancés ; Nous offrons au Très Haut nos vœux et nos prières

Pour nos chers trépassés.

Et ces êtres chéris, joyeux de voir notre âme

Fidèle au souvenir.

Sur nos tendres regrets versent, comme un dictame.

L'espoir en l'avenir.

Dieu grava dans nos cœurs un sentiment suprême

Qui survit au trépas :

Au delà du tombeau, comme ici bas, l'on s'aime.

Car l'amour ne meurt pas.

Des nuages d'encens, sous les sacrés portiques.

Exhalent leurs parfums, N-»us croyons voir flotter, grandes ombres mystiques,

Les âmes des défunts.

Les mûrs drapés de noir répandent les ténèbres

Dans le temple de Dieu j Les morts, se relevant de leurs couches funèbres.

Vont prier au saint lieu.

Ils mêlent leurs accents aux ardentes prières

Des vivants, nés mortels.

Heureux de retrouver leurs amis et leurs frères

Aux pieds des saints autels.

Fall Kiver, 2 novembre 1885.

Page 1