LE JOUR DES MORTS
Qui meurt avec Tété. La terre est une tombe, un vaste cimetière
Où dorment nos aines.
A peine reste-t-il de mainte race altière,
Quelques os décharnés.
De TAurore au Couchant, de l'Equateur aux Pôles,
Déjà le genre humain Jonche de ses débris d'immenses nécropoles
Où nous serons demain.
Aujourd'hui, l'œil en pleurs, nous pensons à nos frères
Qui nous ont devancés ; Nous offrons au Très Haut nos vœux et nos prières
Pour nos chers trépassés.
Et ces êtres chéris, joyeux de voir notre âme
Fidèle au souvenir.
Sur nos tendres regrets versent, comme un dictame.
L'espoir en l'avenir.
Dieu grava dans nos cœurs un sentiment suprême
Qui survit au trépas :
Au delà du tombeau, comme ici bas, l'on s'aime.
Car l'amour ne meurt pas.
Des nuages d'encens, sous les sacrés portiques.
Exhalent leurs parfums, N-»us croyons voir flotter, grandes ombres mystiques,
Les âmes des défunts.
Les mûrs drapés de noir répandent les ténèbres
Dans le temple de Dieu j Les morts, se relevant de leurs couches funèbres.
Vont prier au saint lieu.
Ils mêlent leurs accents aux ardentes prières
Des vivants, nés mortels.
Heureux de retrouver leurs amis et leurs frères
Aux pieds des saints autels.
Fall Kiver, 2 novembre 1885.