‹ Poésien diversen. Coups d'aile et coups de becChapitre 48 sur 100 · EN VERS ET CONTRE TOUS · texte numérisé non relu

EN VERS ET CONTRE TOUS

C'EST LEGEE

AiB : De Véehavde.

Quand de près on examine Le discours trop envergué.

Aussitôt on élimine Le pathos trop prodigué.

Ça suinte la redondance,

J64 TERREA-TERRE

On aurait pu l'abréger, Mais, pour de la vraisemblance, Il n'en faut pas exiger Mettez ça dans la balance, C'est léger, léger, léger, léger, léger j C'est léger, léger.

C'est léger, bien léger.

Chacun dit : Quelle logique I C'est un discours sérieux.

Mais pour peu qu'on le critique.

On n'y trouve que mo^s creux.

Dans sa crasseuse ignorance.

L'orateur croit nous juger 5 Il ment avec assurance Et ne fait que patauger.

Mettez-le dans la balance.

C'est léger, léger, léger, léger, léger; C'est léger, léger.

C'est léger, bien léger.

Mousseau fait la propagande Pour être élu député ; Il croit que la fée Urgande Va lui donner un comté.

Des Castors la turbulence Lui fait courir un danger.

o'est léger 165

Car malgré sa corpulence^

On pourrait le déloger.

Mettez-le dans la balance.

C'est léger, léger, léger, léger, léger ;

C'est léger, léger,

C'est léger, bien léger.

Il dit que ses adversaires.

Par les Castors suscités.

N'ont jamais été sincères Et ne sont pas redoutés.

Froissé de cette insolence, Décary, pour se venger.

Sur le gros Mousseau s'élance Et jure de l'égorger.

Mettez-le dans la balance.

C'est léger, léger, léger, léger, léger; C'est léger, léger, C'est léger, bien léger.

Montréal, 18 septembre 1883

EANTAMPLAN

Lorsque d'un vau deville immenee

Rêvant de trou ver un sujet,

Je cherche un air pour une stance,

J'suis tout entier {bis) à mon projet.

Dès qu'on me four nit la matière,

Je chante et ri... me de travers.

Ahl Je veux écri...re à ma manière Et pour les goûts... (bis) les plus divers Errant en plan... (ter) tant là grammaire Moi j'ai les goûts... [bis) les plus divers.

Quand le gros Mou...sseau se démène, Et que Déca...ry devient furieux, Plus d'un écri...vain les malmène Ou se fait mal... (bis) mener par eux. Ah tu fus mé... connu nagi^ère, 0 pauvre Cha...pleau, mais vraiment,

Ahl

RANTAMPLAX 167

La chasse, ora...teur vaut la guerre ; Tu n'as qu'à ca... (bis) cher ton tourment Errant en plan {ter) tant là galère, Tu n'as qu'à ca [bisi cacher ton tourment.

Voyez VEien...dard qui fulmine

Et dit à Mer...cier : " Viens à nous,

" Car demain sau...tera la mine,

" Demain verra... (6i5) les bleus à g'noux.

" Déjà le tam*...bour bat la marche,

" Mais, dit la ML,Merve, aussitôt:

Ahl " Voyez Cauchon**....et la démarche ** Qu'il fit en fa... (J>is) veur de Mousseau j " Errant en plan... {ter) ton hors de l'arche, " On vit Cauchon... [his) v'nir à Mousseau.

" J'ai trop été,... poursuit la vieille, '* Mère de vos... obscurs débuts, " Et si je pus... faire merveille, '* Serait-ce en flan... [bis) quant aux rebuts, " D'anciens servi... teurs bien utiles " Qu'on leur dit : — Meur...tris ton vieux sein ?

Ah!

* Le Temps, journal libéral était alors pnblié.

** M. Cauchon, un ancien libéral du comté de Jacques* Cartier venait de se prononcer en faveur de M. Mousseau.

168 TBRRE-A-TEBSB

'< Avec des pré... textes fatîles, <^0n vient oppo...(5i«) ser mon dessein. ^ Errant en pian... (ter) tons trop hostiles, ^' Venez pour y... {his) meurtrir mon sein.

Montréal, 25 septembre 1883.

LA LIZETTE DE " L'ETENDAED."

Air : 0 Trva tendre Musette,

O ma tendre Lisette, Lisette à VEtendardf Toi qui dans la gazette Sciais comme un godendard, As-tu quitté la plume Pour prendre le mousquet, La varlope ou Tenclume ?

Que devient ton caquet ?

A ta vigueur de style Quand tu t'abandonnais, On devenait hostile A ce que tu prônais.

Ta prose trop légère Ecrasait le journal ; A toi le grand vicaire Préféra Juvénal, *

* Juvénal, était le nom de plume de l'on des collaborateurs de VEten^dard,

170 TERRB-A-TERRE

Plein d*ardeur juvénile.

Ce jeune homme . écrit bien y

Admirateur servile

D* Alphonse le Prussien,

De la Sainte- Alliance

Et du vieux drapeau blanc^

n voudrait voir en France

Acclamer le hulan. **

O, ma vieille Lisette, Eamène les beaux jours Viens rendre à ta gazette Tes onctueux discours.

Dis-nous quelles prié res T'offrent le plus d'attraits, De tes vertus auâtères Cite nous quelques traits,

Moi j'admirais, Lisette, Ton style original Où perçait la disette D'esprit. Le saint journal.

Pourvu qu'il nous endorme D'un sommeil bien profond, Peut négliger la forme Aussi bien que le fond.

** Le roi Alphonse d'Espagne nommé récemment colonel) de hulans venait d'être sifflé à Paris.

LA LIZBTTE DE "l' ÉTENDARD" 171

On siffle d'importance Un hulan, faux Bourbon, Mais, voulant à distance Kendre le faubourg 5ow, Juvénalj en furie, Défend le roitelet, Quand le peuple injurie Bismark et son valet.

Cette grande colère Nous laissera bien froids, Car nous n'avons que faire Du droit divin des rois.

Des groupes faméliques Le cynisme éhonté Sait investir les cliques Du droit de royauté.

Du fond de leurs boutiques, Prétendant gouverner, Des farceurs politiques Cherchent à nous berner.

Cette engeance flétri e Veut, par d'obscurs détours, Livrer notre patrie Aux serres des vautours.

Montréal, 9 octobre 1883.

LE CASTOE.

Air : De VoraTig-outatig.

Le grand rongeur d'Amérique

Qui grugeait dans Jacqu' Cartier,

Pris soudain d'une colique,

Vient de quitter son chantier.

Cet animal amphibie

Est, dit-on, près de sa mort ;

Il crève d'hydrophobie,

De dépit et de remord.

En voyant son malheureux sort,

On plaint le pauvre castor

Qu'à c'tort. {hU) Hé ! n'ie plaignez pas comm' ça

Il en relève [his] Hé I nie plaignez pas comm' ça

Il en relèvera.

Les pièces mal équarries N'ont pu contenir le flot ; Voilà pourquoi Descarries

LE OASTOR 173

Vient de plonger subito.

Pour bien construire une digue, Il faut y mettre un peu d'art j On s'est montré trop prodigue De sermons à V Etendard, Le peuple n'est pas un butor Il n'aime pas le castor

Qu'à c'tort ibis) Hé ! n'prêchez donc pas comm' ça

Ça vous enrhume {bis) Hé I n'prêchez donc pas comm' ça

Ça vous enrhumera.

Lorsque l'antique Minerve Dit que votre or corrupteur A, bien plus que votre verve, Influencé l'électeur, Je n'en crois rien. Vos scrupule»

Sont là pour la démentir.

Et d'vos goussets minuscules One argent n'a du sortir.

D'vous accuser on a tort :

Qu'on me montre le castor

Qu'à o'tor [bU) Et qui voudrait l'gaspiller, J'ie fais empaille (bis)

Et qui voudrait l'gaspiller Moi j'ie fais empailler

174 TERRB-A-TERtlE

Mousseau qu'avait un' peur bleue

De c't'animal tapageur.

Lui coupe sa rouge queue,

La truelle du rongeur.

— C'est un outil maçonnique,

Bit l'castor, passons nous en ;

Il veut bousiller. Bernique I

Puis, sa digue se brisant.

Il ajoute : " On a bien tort

" De tenir moins au castor

" Qu'à c'tor " (bis) Hé I n'vous vendez pas comm' ça

Car on vous livre bis) Hé I n'vous vendez pas comme ça

Car on vous livrera.

Montréal, 30 septembre 1883.

LES FRANCOPHOBES.

AiB : MvM desjeiùx et des accords champêtres.

Des Espagnols Pont établi sans rire Sur les coussins d^un trône qui promet ; ■Ce colonel d'un régiment vampire A dans Strasbourg exhibé son plumet.

Mais des Prussiens on déteste Tengeance, Les Parisiens Font sifflé de leur mieux. Pauvre nigaud, lorsqu'il trahit la France Le vieux Bismark lui bouchait les deux yeux.

Des éteignoirs m'ont emprunté ma lyre } Petits manteaux plus fielleux que discrets, Ces abrutis dont la tête chavire Vont sur mon luth exhaler leurs regrets, Le plus cafard, réclamant le silence.

Vient d'entonner ce refrain chaleureux : " Pauvre goujat, je maudirai la France ^ Les préjugés me fermeront les yeux.

^ Quoi ! les Français vivent en Bépublique V. <' Haine aux amis de ces hommes pervers I " Narguant les rois, de tout joug tyrannique " Ils oseraient affranchir PUnivers I " Pour Fopprimé rêvant la délivrance, " Pareil exemple est toujours pernicieux. " Pauvre goujat, je maudirai la France " Les préjugés me fermeront les yeux.

" Qu'un affamé rende un servile hommage " A des ventrus que Fon tient à T^ngrais, " Qu'un vieux reac, épris du moyen-âge, *' Entre en fureur au seul mot de progrès,. " Loin de blâmer leur coupable ignorance,. *' De ces laquais je fais des demi-dieux. " Pauvre goujat, je maudirai la France,. " Les préjugés me fermeront les yeux.

" Faut-il lutter, ma victoire est complète- " Car, me couvrant du manteau de la foi, " Pour désarmer un vigoureux athlète, " J'ose crier : La religion c'est moi, " A bas le droit I Vive l'intolérance I " L'être qui pense est un monstre odieux. " Pauvre goujat, je maudirai la France " Les préjugés me fermeront les yeux. "

Monttéal, 16 octobre 1883».

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