‹ Poésien diversen. Coups d'aile et coups de becChapitre 49 sur 100 · PIF ! PAF · texte numérisé non relu

PIF ! PAF

Couplets imités de la »* Fille du tambour major. "

Nous courons tous après la gloire, Et nous sommes bourruS; agacés, Car nous ne trouvons que déboires, Tantôt battus, tantôt m'nacés.

Le législateur irascible Viole la loi tout le premier, Il est mal commode au possible.

Quand dla boxe il est coutimiier, (5w) Pif I paf I plein d'ardeur guerrière Pif I paf ! d'un bras vigoureux.

Pif I paf I à coups d'pied au derrière,. Pifl pafi ça d' vient dangereux 1

Tn'fait pas bon dans notre ville

Offenser un boxeur éprouvé.

Qui, d4a façon la moins civile,

Dit qu'vot récit est controuvé.

Archambault, quMa fureur enflamme,.

S'acharne, à taper sur Monier,

Les journaux lui font d'ia réclame.

Et Pfont passer pour chicanier (bis)

Pif 1 paf ! plein d'ardeur guerrière Pif I paf! on le dit hargneux, Pif I paf I à coup d'pied au derrière, Pifl pafi il devient fougueux.

Ces deux lutteurs font des merveilles, Ils se sont étrillés l'an dernier, Lorqu'Archambault par les oreilles Saisit le paisible Monier.

On s'était fait d'amers reproches, On s'était traité de gueusard ; On échangea quelques taloches Archambault brisa son riflard, (bis) Pif I paf 1 à coup d'pfed au derrière Pif I paf I en avant mort- gueux, Pif ! paf I plein d'ardeur guerrière Pif I paf ! on s'poch' les deux yeux.

On prétend que la s'main' dernière.

Le combat, ayant recommencé.

Se termina d'une aut' manière Et qu'Archambault fut terrassé.

Il fit d'abord le diable à quatre.

Deux fois à la charge il revint, Mais l'autre achevait de le battre Lorsque la police intervint {bis,) Pif I paf I plein d'ardeur guerrière-.

Pif 1 paf I on s'amuse un peu j

pifI pafI 179

Pif I paf I à coup d'pied au derrière, PifI pafl quel joli p'tit jeu 1

Chacun réclame la victoire,

Et les amis des deux combattants

Kacontent chacun leur histoire,

Les deux partis semblent contents.

Archambault survit au carnage,

Monier se porte on ne peut mieux ;

Cet exercice a l'avantage

De les rendre plus vigoureux (bis.)

Pif ! paf I plein d'ardeur guerrière,

Pif I paf I en avant morbleu j

Pif 1 paf 1 à coup d'pied au derrière. Pif ! Paf ! qu'on se brosse un peu I

Montréal, 23 octobre 1883.

AiB : Cogne, p*tU garçon, cogne f

Voyant que Ton accueille Des journaux avortons, Plus d*une grande feuille Chante sur tous les tons :

Lisez not' feuille, feuille.

Lisez nos feuilletons.

De grandes circulaires, Ecrites à tâtons, Disent aux jeunes mères Berçant leurs rejetons :

Lisez nos feuilles, feuilles, lisez nos feuilletons.

C'est Pœuvre magnifique D'un auteur de renom } Sur sa prose on trafique, Mais on cache son nom.

Vive la feuille, feuille, Vive le feuilleton l

C^est un écrit sublime, Palpitant d'émotion, L'auteur y peint le crime Et la vertu, dit-on.

Vive la feuille, feuille, Vive le feuilleton 1

Admirez la morale De cette liaison Toute sentimentale, Sans rime ni raison.

Vive la feuille, feuille.

Vive le feuilleton 1

On mutile le titre.

Le lecteur voyant qu'on Le prend pour un bélître.

Se dit : Tonnerr' d'un nom 1 " Peste du feuille, feuille, " Peste du feuilleton 1

O MondCf tu nous glisses Tes Berceaux j sans façon I Us ont fait les délices Du pâtre et du colon.

Vive ton feuille, feuille.

Vive ton feuilleton I

lisez donc VHéritière, Ce récit, triste et long Parut l'année dernière Avec un autre nom. Dans une feuille, feuille Qu'on nomme Feuilleton.

Vos primeurs, chers confrères, Ne sont plus de saison ; Ce sont de vieill's affaires ' Usé 's jusqu'au cordon :

De tristes feuilles, feuilles, Un triste feuilleton.

En charlatans habiles.

Parcourez les cantons, Les campagnes, les villes, Criant à pleins poumons :

Vivent nos feuilles, feuilles, Vivent nos feuilletons 1

Vos écrits, vieux grimoires, Où l'esprit se confond.

Valent-ils les histoires Que chacun sait à fond ?

Vive la feuille, feuille, Vive le feuilleton !

Comptez sur le scandale, Distillez vos poisons, Introduisez la gale Parmi de bons moutons, Avec vos feuilles, feuilles, Avec vos feuilletons I

Avec les cuisinières, L'élégant marmiton Singera les manières Des héros de haut ton.

Vive la feuille, feuille.

Vive le feuilleton 1

L'ivrogne a ses chopines La rose a son bouton j Sans craindre ses épines.

Pourquoi V effeuille- ton?

Vive la feuille, feuille, Vive le feuilleton 1

Montréal, 30 octobre 1883

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