MARCHE FUNÈBRE
Le 6 Janvier
^ o u s le pâle rayon d'un soleil hivernal.
Drapés comme aux grands jours pour la cérémonie,
Avec solennité dans leur grave harmonie,
Six chevaux noirs en deuil vont d'un pas triomphal.
En escortant le char, le peuple, tête nue, A comme des éclairs dans son recueillement. On se croirait en fête, un jour d'enterrement. C'est d'un cœur glorieux que la foule est venue.
2^0 SOIRS d'hiver ET DE PRINTEMPS
Et, comme pour voiler les fuuèbres décors. Mimosas, lilas blancs, violettes et roses. — Jamais autant de fleurs en plein hiver écloses N'ont parlé de printemps sur les débris d'un corps.
Le corps n'est rien. — On rend hommage à la pensée Dont vibrait tout entier l'homme de son vivant. Et qui sauva l'honneur. — Ou suit d'un pied fervent, Dans un profond respect, la dépouille glacée.
Le chêne qui debout ne s'est jamais courbé. Et qu'un vent de hasard d'un seul coup déracine, Fait pleurer les échos du bruit de sa ruine. Et sa grandeur étonne après qu'il est tombé.