LE ROC D'AIMANT
Rappelle-toi, mon cœur, le conte oriental De ce marin hardi que pousse un sort fatal.
Le merveilleux y luit, comme au feu le cristal.
Il s'éveille un matin, honteux de sa paresse.
La mer est calme : un vent amoureux la caresse ;
Son œil bleu le fascine ; il croit l'enchanteresse.
« Pour ses seuls vrais amants la mer garde un trésor, >» Dit-il. Sur un navire il prend un long essor. Et pendant bien des jours^ la mer, la mer encor !
La sirène aux yeux clairs qui le jour étincelle, Qui palpite le soir, lorsque son sein ruisselle Des diamants tombés de l'ombre universelle.