‹ Poésies, 1864-1872:Chapitre 21 sur 73 · ENSEVELIE · texte numérisé non relu

ENSEVELIE

J'ai lu dans le regard que ton silence arbore.

Tu nous disais : a Je suis la souterraine amphore

Dont nul n'a respiré les parfums précieux, ,

Orgueil des jardins frais de Perse ou du Bosphore.

Je suis le vase clos et perdu pour les yeux .

Vivez, chantez, riez! Étalez sous les cieux

Vos cyniques ennuis, comme un fumier fétide !

Je suis l'urne, plus riche encor que l'Atlantide,

Ensevelie au fond d'un temple pompéien.

Sous l'angle protecteur d'une cariatide ;

J'abrite dans la nuit un trésor très-ancien!

Aimez au jour le jour, sans flamme au cœur ! Le mien

N'embaumera jamais votre détresse immonde !

Avant qu'il ait pu battre et s'ouvrir à ce monde.

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