‹ Poésies, 1864-1872:Chapitre 24 sur 73 · LA RENCONTRE · texte numérisé non relu

LA RENCONTRE

Vous que brûle encor la chaude étincelle Du songe enflanmié qu'on n'a pu saisir ; Le même destin avec vous m'emmène :

Inconnus, salut dans la vie humaine !

Vous cous qui passez prés de moi sans fin, inquiets, furtifs, le long des murailles.

Ames, cœurs, esprits, corps, emplis de faim.

Quel que soit le mal qui mord vos entrailles. Vous versez en moi, trésorier du fiel.

Un regard profond, dédaigné du ciel !

Au nom du poëte, ivre d'amertumes.

Confident discret qui de l'œil vous suit !

Au nom du passé perdu dans les brumes.

Au nom du silence ! au nom de la nuit !

Dans la vie humaine où je vous salue, Au nom de tout rêve en qui l'ombre afflue, Au nom de demain, au nom de toujours.

Je dis à chacun d'entre vous qui passe :

a Au revoir, ailleurs, plus loin, dans l'espace, Sous un ciel muet peuplé de dieux sourds I »

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