‹ Poésies, 1864-1872:Chapitre 32 sur 73 · LA PRISON · texte numérisé non relu

LA PRISON

Comme les hauts piliers des vieilles cathédrales, O rêves de mon cœur ! vous montez ! Et je vois L'ancien encens encore endormir ses spirales A l'ombre de vos nefs, ô rêves d'autrefois!

Comme un orgue dompté par des mains magistrales , O ma longue douleur ! je t'écoute ; et ta voix Murmure encor Técho des plaintes et des râles Que j'ai depuis longtemps étouffés sous mes doigts!

— Eh quoi ! prêtre enfermé qui saignas sous l'insulte, N'as-tu pas renié ton église et ton culte.

Et brisé l'encensoir aux murs de ta prison?

Debout ! Etends les bras sans fermer les paupières ! Qu'ils croulent, ces piliers dont tu sculptas les pierres Dût leur poids t'écraser du coup, comme Samson I

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