‹ Poésies, 1864-1872:Chapitre 34 sur 73 · LA MORT COQUETTE · texte numérisé non relu

LA MORT COQUETTE

Ce sinistre caprice à son horreur manquait.

Pour que son ironie aujourd'hui soit complète , La faucheuse , qui vient d'ajuster sa toilette, Se cambre élégamment dans son linceul coquet.

Elle s'attarde, et rit au miroir qui reflète Le gril de sa poitrine où luit un blanc bouquet; Mais on sent que bientôt va craquer le parquet Sous le déhanchement sonore du squelette.

— Ton nouveau fiancé t'appelle , et se débat Contre la vie ! Allons , marche vers son grabat ! Vante les lits profonds de ta paisible auberge !

Fais ton hideux métier ! récite tes serments ! £t^ ton baiser donné, cours à d'autres amants, O toi qui sais mentir, courtisane encor vierge!

LE BAPTEME.

Par-dessus toits et cheminées , Monte, mon âme! monte encor!

Par delà le banal décor De ces vapeurs disséminées , Envole-toi , prends ton essor Loin de nos mornes destinées !

Pars comme un trait; vole à travers L'espace maintenant sans nue!

Laisse au fond d'une ombre inconnue La lune cacher son revers ; Sans t'arrêter, va ! continue!

Les cieux immenses sont ouverts !

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