LA MORT COQUETTE
Ce sinistre caprice à son horreur manquait.
Pour que son ironie aujourd'hui soit complète , La faucheuse , qui vient d'ajuster sa toilette, Se cambre élégamment dans son linceul coquet.
Elle s'attarde, et rit au miroir qui reflète Le gril de sa poitrine où luit un blanc bouquet; Mais on sent que bientôt va craquer le parquet Sous le déhanchement sonore du squelette.
— Ton nouveau fiancé t'appelle , et se débat Contre la vie ! Allons , marche vers son grabat ! Vante les lits profonds de ta paisible auberge !
Fais ton hideux métier ! récite tes serments ! £t^ ton baiser donné, cours à d'autres amants, O toi qui sais mentir, courtisane encor vierge!
LE BAPTEME.
Par-dessus toits et cheminées , Monte, mon âme! monte encor!
Par delà le banal décor De ces vapeurs disséminées , Envole-toi , prends ton essor Loin de nos mornes destinées !
Pars comme un trait; vole à travers L'espace maintenant sans nue!
Laisse au fond d'une ombre inconnue La lune cacher son revers ; Sans t'arrêter, va ! continue!
Les cieux immenses sont ouverts !