‹ Poésies, 1864-1872:Chapitre 35 sur 73 · LE BAPTÊME · texte numérisé non relu

LE BAPTÊME

Toujours plus haut, fends , 6 mon âme !

L'éther sombre, subtil et froid ; Vénus en bas roule et décroît; L'anneau de Saturne est en flamme ; Passe au travers et fuis tout droit , Toi qu'un secret désir affame.

Franchis , rapide , le ciel noir D'Uranus, et poursuis ta course!

Conune les mailles d'une bourse La nuit s'entr'ouvre ; et tu peux voir Les astres d'or de la grande Ourte De tous côtés sur toi pleuvoir.

D'un élan sublime emportée Dépasse Orion ; plus avant Enfonce-toi; frémis au vent De quelque étoile dilatée, Monstre lointain au cœur mouvant ; Nage au fond de la mer lactée !

Cherche un monde nouvel éclos , Un vaste. univers que colore L'écharpe de sa longue aurore ; Baigne-toi dans les roses flots De ses grands lacs vierges encore , Fille des siècles de sanglots !

y« POESIES DE LEON DIERX.

Sur d'ineffables paysages

Flâne, légère, et disparais;

Parcours les féeriques forées

Que berce un souffle sans présages ;

Parfume-toi des encens frais

Qui flottent sur les premiers âges !

Alors, mon âme, redescends Purifiée, en ce bas monde ; Et tu pourras^ une seconde^ Dans la paix des amours naissants Aux doux rêves de Tenfant blonde Mêler tes rêves innocents.

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