‹ Poésies, 1864-1872:Chapitre 39 sur 73 · LES RHYTHMES · texte numérisé non relu

LES RHYTHMES

Rhychme des robes fascinantes,

Qui vont traînantes, Balayant les parfums au vent, Ou qu'au-dessus des jupes blanches

Un pas savant Balance et gonfle autour des hanches !

Arbres bercés d'un souffle frais

Dans les forêts, Où, ruisselant des palmes lisses.

Tombent des pleurs cristallisés

Dans les calices Roses encor de longs baisers !

LES RHYTHMES. los

Soupir des mers impérissable,

Qui sur le sable, Dans l'écume ec dans les flots bleus Roules Tamas des coquillages;

Flux onduleux Des lourdes lames vers les plages !

Air plaintif d'instruments en chœur Qui prends le cœur,

Et, traversant la symphonie.

Nais ou meurs, sonore ou noyé Dans l'harmonie.

Et reviens sourd ou déployé!

Hivers, Printemps, Etés, Automnes,

Jours monotones.

Souvenirs toujours rajeunis; Mêmes rêves à tire d'ailes.

Loin de leurs nids Poursuivis de douleurs fidèles !

De désirs fous vous m'emplissez ;

Vous me versez La soif ardente des mirages.

Reflets d'un monde harmonieux !

Et vos images Se confondent devant mes yeux :

io(5 POESIES DE LEON DIERX.

Rhythme lent des robes flottantes,

Forêts chantantes, Houles des mers, lointaines voix. Airs obsédants des symphonies,

Jours d'autrefois, O vous, extases infinies!

LES ECUSSONS.

Clorînde a les yeux clairs et froids comme l'acier, Qu'indignent les aveux, qu'allument les mains jointes; Elle habite l'orgueil comme un donjon princier ; Et son regard, pareil au fer d'un justicier.

Sait plus loin dans les cœurs enfoncer mille pointes.

Jane a les yeux profonds, obscurs comme les trous Que sur les hauts remparts braquent les coulevrines. Quand, lourds de voluptés ils se fixent sur nous. Entre leurs cils serrés flotte un nuage roux, Et deux vides brûlants restent dans nos poitrines.

Alice a dans les yeux l'éclat des pièces d'or ;

Et ce n'est point au cœur que sondent leurs silences.

Ils semblent *oupeser quelque secret trésor ;

Et sans cesse inquiets, ils oscillent encor.

Comme font les plateaux des parfaites balances.

Leis yeux pâles d'Hermine ont les vagues clartés

Des cierges dans le jour que le vitrail décalque.

Confesseurs des désirs benoîtement quêtes,

Ils leur versent le deuil et les lividités

Des lampes que l'on range autour d'un catafalque.

Les yeux de Julia sont les feux incertains Des lanternes qu'on cache entre d'épais feuillages,* Sur le seuil d'une auberge aux buveurs clandestins. Ou ressemblent encore à ces soleils éteints Embourbés dans les joncs des fiévreux marécages.

Mais, Hélène ! tes yeux sont comme deux gardiens De toi-même ignorés, fils des blancheurs premières ; Innocence ! 6 candeur des chastes entretiens ! Quels yeux déjà ternis pourraient percer les tiens. Ces deux grands boucliers faits de pures lumières!

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