‹ Poésies, 1864-1872:Chapitre 5 sur 73 · APRES LE BAIN · texte numérisé non relu

APRES LE BAIN

Des perles encor mouillent son bras blanc.

Couchée en un lit de joncs verts et d'iierbes, Le sein ombragé d'un rameau tremblant, Au bruissement des chênes superbes, Aux molles rumeurs des halliers épais.

Non loin de la source elle rêve en paix.

Tandis qu'au rebord des souples lianes, Sur son reflet nu se figent pâmés Les flots du bassin, lèvres diaphanes.

Sous les noirs treillis au ciel bleu fermés, Les yeux demi-clos, chargés de paresse, Elle a renversé la tête, et caresse D'un baiser brûlant et vague à la fois Le souffle lointain qui monte et qui passe, Immense soupir amoureux des bois.

Et tout souvenir en son cœur s'efiace ;

APRES LE BÂÎN. i$

Et sous le réseau des parfums floccancs, Dans Toubli des Dieux, du monde et du cemps, Morte au vain souci du désir frivole, En libres essaims de songes épars, Son âme à travers les taillis s'envole.

Autour des buissons, 'sur les nénuphars, Ne bourdonne plus l'abeille assouvie, Et partout s'éloigne ou s'endort la vie.

Les chants se sont tus des oiseaux siffleurs ; Et vers ce beau corps teint de flammes roses, De tous les côtés se penchent les fleurs. Semblables aux yeux agrandis des choses.

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