‹ Poésies, 1864-1872:Chapitre 53 sur 73 · LE GOUFFRE · texte numérisé non relu

LE GOUFFRE

Il est des gouflfres noirs dont les bords sont charmants.

La liane à Tentour qui tapisse la lande

Se suspend aux parois et s'enroule en guirlande.

Tout couronné de fleurs aux mille chatoîments,

Je sais un gouffre noir sur la verte colline.

Des arbres odorants l'ombragent en entier,

Et l'on y vient joyeux par un riant sentier.

Parfois un souffle frais, rasant le sol, incline

Le feuillage agité d'un rapide frisson.

Et sous un vol léger de confuses paroles

Penchant les cloches d'or et les blanches corolles,

Verse à l'abîme, ainsi qu'un fidèle échanson.

Avec l'âme des fleurs, les gouttes de rosée.

Dans ce sinistre puits, ô larmes ! ô parfums !

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