‹ Poésies, 1864-1872:Chapitre 7 sur 73 · SUR LE CHRIST DE VAN-DICK · texte numérisé non relu

SUR LE CHRIST DE VAN-DICK

THEOPHILE CAUTIER.

O vieux maîtres pensifs du vieux Campo Santo ! Vous qui croyiez à l'arc, mais bien plus à Marie ; Toi, sévère Orcagna, toi, mystique Giottol

Le long des quatre murs, chrétienne galerie,

Vos fresques sont debout et nous parlent toujours ;

L'art est toujours serein ; la foi seule est tarie.

Vous méprisiez le monde, et vous viviez trés-sourds. Les pieds sur un sépulcre, à peindre un cimetière. Vous aviez pour la mort de fidèles amours.

Vous caressiez ce rêve ; et votre vie entière

A l'immortaliser se consuma. Jésus

Etait pour vous un Dieu tout baigné de lumière.

Quand vous peigniez un Christ, ô maîtres ! au-dessus De la tête divine errait une auréole D'archanges radieux dans le ciel aperçus.

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