LE GOUFFRE
Il est des gouffres noirs dont les bords sont charmants.
La liane à l'entour qui tapisse la lande
Se suspend aux parois et s'enroule en guirlande.
Tout couronné de rieurs aux mille chatoîments,
Je sais un gouffre noir sur la verte colline.
Des arbres odorants l'ombragent en entier,
Et l'on y vient joyeux par un riant sentier.
Parfois un souffle frais, rasant le sol, incline
Le feuillage agité d'un rapide frisson,
Et sous un vol léger de confuses paroles
Penchant les cloches d'or et les blanches' corolles,
Verse à l'abîme, ainsi qu'un fidèle échanson,
Avec l'âme des fleurs, les gouttes de rosée.
Dans ce sinistre puits, ô larmes ! ô parfums !