L'ORGUEIL
Monts superbes, dressez vos pics inaccessibles Sur le cirque brumeux où plongent vos flancs verts ! Rocs noirs, dans le regret des élans impossibles, Durcissez-vous au fond des volcans entr'ouverts!
— Hérisse, amer orgueil, ta muraille rigide Sur le cœur par les yeux de la femme ulcéré ! Désirs inassouvis, sous cette fière égide, Mornes, endormez-vous dans le néant sacré!
— L'antique orage habite, ô monts ! dans vos abîmes, Et prolonge sans fin sous les cèdres vibrants
Les sonores échos de ses éclats sublimes,
Et des troncs fracassés qu'emportent les torrents.