‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 103 sur 141 · LE RÉGIMENT Q U1 PASSE · texte numérisé non relu

LE RÉGIMENT Q U1 PASSE

Deux officiers, qui, pour les suivre, Maintiennent leurs chevaux au pas, Au delà des saxhorns de cuivre Dominent les fronts, et là-bas,

A travers la brume incertaine, Tels des pavots dans les épis.

S'avance la foule lointaine Des chassepots et des képis.

Pour les soldats, le populaire S'est en grand'hâte rassemblé; Un flot de gamins accélère Sa marche à leur pas redoublé.

La troupe passe, calme et gaie, Comme elle irait sous les obus, Devant les gens qui font la haie Et l'encombrement d'omnibus.

Chacun l'accompagne ou s'arrête, Et l'on voit emboîter le pas L'ouvrier tirant sa charrette Ou portant son fils sur ses bras.

Et, rêvant déjà de bataille.

Tous sont heureux naïvement ; Car toujours la France tressaille Au passage d'un régiment.

FEmmES VE LTOC^

Ce» vers oiit été récités à Lyon, quand une crise de l'industrie de la soie réduisait la population ouvrière à une gr.indc misère.

femmes qui vivez dans le luxe et la joie, lit qui, lasses un jour de vos robes de soie.

Les quittâtes avec dédain, O femmes qui suivez la mode sc^ductrice, II faut que vous sachiez que, pour ce seul caprice,

Des milliers d'hommes sont sans pain!

Avcz-vous jamais su, belles patriciennes. Alors que vous alliez aux fêtes anciennes

Danser, rire et parler d'amour, Qu'un peuple d'ouvriers, plein d'enfants et de mères, Ciagnait m vie avec vos chiffons Ophémùrcs,

Avec vos parures d'un jour ?

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