‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 105 sur 141 · DE · texte numérisé non relu

DE

ScAH&lGUD^ LE VIEUX

EST^i'Dr.%0 T)E TOI.f.'DE

Au Baron Ch. Davillier.

E vieux maître, à la lame ayant assujetti La poignée à quillons, pas-d'ânc et contre-garde, Est debout sur le seuil de sa porte et regarde Le chef-d'œuvre nouveau de sa forge sorti.

Il songe que bientôt il l'aura converti En beaux ducats sonnants; mais ayant, par mégarde. Levé les yeux, il voit, sous le feutre :\ cocarde. Passer un spadassin, dans sa cape blotti.

C'est le célèbre Ruy, dont l'humeur singulière Est de faire au pommeau de sa lourde rapière Une encoche au couteau, quand il tue un cliréiicn.

Et, d'or moins que de gloire ayant l'Ame occupée. L'artiste, qui voulait bien placer son épée, Arrôta le bretteur et la donna pour rien.

TOU\ GUITqAT^E solo

('Argentier m'a tenté : « Je t'oiïre Mes trésors, ami, si tu veux!

Puise à pleines mains dans mon coffre. »

— Garde ton or; j'ai ses cheveux.

Le Torero m'a tenté : « Page, Je prétends de pourpre arroser Pour toi seul le champ de carnage ! »

— Garde ton sang, j'ai son baiser.

L'Inquisiteur m'a tenté : « Maître, Ces bûchers flambant sous les cieux, A tes ordres je veux les mettre ! »

— Garde ta flamme; j'ai ses yeux.

L'Empereur m'a tenté : « Beau sire.

Si tu veux mon globe d'or fin, Je te le donne avec l'empire. »

— Garde ton globe; j'ai son sein.

Dieu m'a tenté : « Pécheur rebelle.

Je jugerai ton âme un jour.

Veux-tu le Paradis pour elle ? »

— Garde ton ciel; j'ai son amour.

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