SUR LEUR COMMUN AMOUR DE LA POESIE
u Tas bien dit, mon bon maître Banville, Les temps sont durs pour les pauvres rimeurs. Nous ignorons, ne dînant guère en ville, Les crus classés et les fines primeurs, Et tout le gain est pour nos imprimeurs. Ce siècle est vieux, porte de la flanelle. Et n'entend plus sonnet ni villanclle; Pourunt le Luth est b, qu'il faut saisir. Comme Caussade a tué La Toumelle, Faisons des vers pour rien, pour le plaisir!
La politique est un plat vaudeville ; La soif de l'or aigrirait nos humeurs.
LatMon* les sot» traiter de chose vile Nof rêve» bleus d'amants et de fumeurs Et dire, ô rhythmc immortel, que tu meurs ! Le l'hilistin, i la voix solennelle, Peut s'enrouer comme Polichinelle ; lalMoni'lc geindre et gronder h loisir.
Foin du bon icns de madame Pcrnellc t Fabont do ver» pour rien, pour le plaisir I
Le cœur joyeux, sans soin bas et servile, Abandonnons le monde et ses clameurs.
Allons-nous-en par les bois de Chaville, Ou sur la Seine aux doux flots endornieurs, Pour y chanter des chansons de rameurs. Un libre esprit nous toucha de son aile Et la nature est pour nous fraternelle ; D'aucun sultan nul de nous n'est visir Et n'a blessé même une coccinelle.
Faisons des vers pour rien, pour le plaisir!