LE RAI SI N
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Les trois huîtres et l'œuf poché dans du bouillon. Or, bien qu'on fût en mars, par un jour sans rayon, On parla de raisin, ne sachant plus que dire, Hélas ! — et le malade eut un faible sourire.
On se saigna. Le soir, à ce pauvre chevet,
— Dans la boîte portant la marque de Chevet
Et montrant les grains durs et roux sous la dentelle
De papier, tentatrice, appétissante et telle
Qu'au dessert, parmi les gourmets en bellehumeur, —
Parut la ruineuse et splendide primeur.
L'agonisant la vit, mais, sans y toucher même. Il détourna le front, plein d'un dégoût suprême. Et, trois heures après, il s'en allait enfin Dans l'autre monde où nul n'a sans doute plus laim.
La misère attendait les enfants et la mère ; Mais le surlendemain, à l'école primaire, Les orphelins faisaient envie aux écoliers En tirant ce raisin de leurs petits paniers.
TT{EéMIE\ VÈSITi,
i'est un vieux souvenir de mon adolescence. J't'tais un grand flandrin, pâii par la croissance, Horriblement timide et subissant toujours La liontc de porter des pantalons trop courts. Je rêvais de fléchir une belle inhumaine, Et j'avais, entassant mes deux francs par semaine, Pour mes trois poils de barbe acheté deux rasoirs. Tremblant d'émotion, tous les dimanches soirs J'arrivais le premier, toujours, chez Adrienne, Dont la famille était liée avec la mienne. Pour compléter un whist, on m'avait invité. Dans le petit salun, près de la table à thé, Je trouvais la maman seule, — première épreuve, - Avec son havanaLs dans sa robe de veuve, En lunettes d'argent, et, d'un air solennel, Regardant le portrait du défunt colonel