‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 13 sur 65 · MEMENTO · texte numérisé non relu

MEMENTO

Sonvonl à la clarté qui Ireinbu- Sur rfilro en l'eu, je les revois, Los auioureuscs d'autrefois!

— Je les revois toutes euseuilde.

Elles gravissent lentement Le coteau fleuri de mon revc.

Dans mon cœur réveillant, sans trêve. Le remords du dernier serment.

Comme les flots d'une onde morte, Passe leur chœur silencieux.

Leur mystique regard m'apporte Le pardon des derniers adieux.

126 LES AMOl'RS.

Ces doux spectres au IVoul de femme, Ces chers liôtes de mou foyer, Ces débris aimés de mon âme Me rendent à moi tout entier.

Alors, euivranle et })rofonde, M'envahit h tentation De suivre, par delà le monde, Cette blanche procession.

Au doux pays où l'ont suivie Ceux qui ne se consolent pas ; Oîi s'accroît la fuliuc vie T)e tout ce (pTou ])crd ici-bas !

Où lentement se recompose, Et, souvenir à souvenir, Notre être cpie doit rajeunir I/éternelle métaniorphose,

Car les gazons où j'ai pleuré Me doivent compte d'une larme ; Car un fol espoir, comme une arme.

Au fond de mon cœur est entré !

AIEMENTO. 121

Car vous ['n\cz avant rauroro, 0 vous, qn\'ii pleurant, je revois, Et je veux vous aimer encore, Mes amoureuses d'autrefois!...

Alors, à la elarlé qni tremble Sur le chemin des trépassés, Quand nous recompterons ensemble Le trésor des bonheurs passés,

Rappelez-vous, ù bieu-aimées, De ces jours, de tous les meilleurs, Et de tant d'heures consumées En tant de baisers et de plenrs !

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