‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 20 sur 65 · SOUVENIR · texte numérisé non relu

SOUVENIR

Durant les soirs d'iiiver longs et silencieux, Je pense au temps où seuls, près de l'àtre joyeux, Lés cheveux dénoués et souvent demi-nue. Tu dormais dans mes bras, sit(jt la nuit venue; Où mes baisers riaient et pleuraient tour à tour. Sur votre iront sans tache, ô mon premier amour ! Et j'écoutais chanter ton cœur dans ta poitrine Et mes yeux enivrés, sous la toile mutine, Suivaient le flot charmant de ton corps amolli. Et puis, comme un enfant, dans notre petit lit Je t'emportais joyeux, — éploré comme un saule. Ton front abandonné roulait sur mon épaule. Là, des baisers nouveaux, ardents, multipliés. S'élançaient sur ta bouche et mouraient à tes }»ieds !

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