‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 32 sur 65 · DEFENSE DES BÊTES · texte numérisé non relu

DEFENSE DES BÊTES

S'il existe vraiment, oiî donc s'arréte-t-il,

Cet effroyable droit qui nous livre la vie

Comme une chose inerte au travail asservie,

Et nous met l;i douleur aux mains comme un outil ?

Tous ces êtres vivants qu'une invisible trame Tient enchaînés pour nous sous une loi de sang. Tous ces fils de l'argile ont un peu de notre âme, Un peu de ce qui pense, un peu de ce qui sent.

Le (heu (pii ks couvrit d'une éternelle enfance Leur d(jnna la pitié de l'homme pour défense. L'œil poui' le sujjplier, la voix pour l'attendrir :

Et ceux-là sont des fous dont l'horrible caprice Torture sans raison ou frappe sans justice Ces frèi:es que nous fait le pouvoir de souffrir !

LA VIE DE LAME. i75

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