‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 33 sur 65 · VIRGINIS AMOR · texte numérisé non relu

VIRGINIS AMOR

Comme, au fond des tripots, ceux que le viu délie Des vulgaires pudeurs, ils chanteut tour à tour Leurs plaisirs d'une nuit et leurs peines d'iui jour, Ceux dont les vains désirs font la mélancolie.

iMais celui que l'amour d'une vierge a blessé, Comme d'un baume saint recouvre de mystère Sa blessure divine, et, sous la nuit austère, rienre tout bas le mal qui le l'ait insensé.

Et le remords le prend connue d'un sacrilège, D'espérer que ce corps vêtu de pureté Affronte, dans ses bras, l'aube de volupté Oui fondra ses blanclieurs idéales de neige!

Il rêve cependant que, des anges suivi, Il l'emporte, endormie, au seuil d'un nouveau inonde

Extatique et pareil, en son àme jn'ofonde, Alix femmes en donlenr. il entrevoit, ravi.

La première lueur inondant ses prunelles. Et ses premiers sanfilots d'un sourire apaisés. Et ses pieds nus encor des langes de baisers Où les enfermera sa bouche maternelle !

Car c'est un iruit vivant qu"il porte dans son cœur, L'époux chaste aux genoux d'une chaste épousée, Fruit vermeil et sanglant d'une sainte rosée, Mûri daii^ ruin])re, éclos sous le soleil vainqueur :

C'est tout son être, à lui. ueruiant ^ous sa mamelle C'est l'espoir fécondé des lloraisons d'amour Oui furent sa jeunesse et n'ont duré (pi'un jour : C'est son âme eutr'ouvrant sa ramure jumelle,

<hian(i, sentant (pie sa vie a lini de mùrJi-, Comme un arbre i;éaiit. sur la vieriie il se penche Et dit : Eve. im sœur, soulève ta main blanche El cueille le fruit d'or qui nous fera mourir!

LA VIE DE L'.niR. 175

AMITIK DE FEMME

,Io chniilc aux doux croyants de la mélempsycliose :

Sous l'azur embrasé du ciel agrigentiii, Ln cyclope géant s'est épris d'une rose.

-- Je chante aux amoureux qui passent lou' eliemin .

Le cyclope, en pleurant, dit à sa bien-aimée : M Laisse-moi respirer ton àme })arlumée ! »

— Je cbantc aux nialbeureux des iniîrates amours :

« J'aime, reprit la fleur, et j'aimerai toujours

« Le beau frelon qui dort au creux du chêne sondjre

« Mais, pour te consoler d'un voyage lointain

170 l.A Vfi:.

.( Sous l'iiziir cinljriiM' du ciel a^rigentin.

« Soyons amis. Je t'olTrc une jilace à mon ombro,

— .le chante aux Jouvenceaux ignorants du souci ;

— Je chaule aux malhemTux des amours sans merci

— Je chante aux doux croyants de la métempsychose :

Une femme pensait au cœur de cette rose !

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