‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 49 sur 65 · L'OEUF · texte numérisé non relu

L'OEUF

L'œuf, c'est la vie enclose aux formes de la pierre :

— Quand l'oiselet surgit comme un mort glorieux, De son frêle cercueil secouant la poussière,

Il envoie au soleil de petits cris joyeux.

Tout est cercueil, mais tout cache un vivant ! Perdue Au secret des tombeaux, la vie attend l'essor.

— L'aile immense des cieux, sur la terre étendue, Couve l'œuf immortel que féconde la Morl !

LA AATIRE

.l'ai voulu te concevoir seule Dans mon cerveau régénéré, Grande Nature, auguste aïeule Qui dors au fond du bois sacré ;

Et j'ai chassé de la lumière Oue filtrent tes yeux d'or mi-clos, La vision qui, la première, Ajiprit à mon sein les sanglots;

Le spectre de la sœur amère (Jue ton flanc jette à notre cœur, Ta cruelle image, ô ma mère!

La Femme, fantôme vainqueur!

En vain, je l'ai chassé dans l'ombre Qne répand sur le bois épais, Avec ta chevelure sombre, L'heure de la nocturne paix :

Car en moi vous êtes entrées, Plus poignantes que mes amours, 0 tristesses des nuits sacrées Pleiu\ant sur le berceau des jours!

De vous, ô langueurs éternelles !

En moi quelque chose est resté, 0 lassitudes maternelles Des tristes flancs qui m'ont porté!

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