‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 54 sur 65 · LES ISTRES · texte numérisé non relu

LES ISTRES

Coin nie au Iront nionstrnenx d'nnc bote géante Des yeux, des yeux sans nombre, effroyables, bagards, Les Astres, dans bi nue impassible et béante, Versent leurs rayons d'or pareils à des regards.

Des Iiaines, des amours, tout ce qui fut le mondv\ * Vibrent dans ces regards obstinés et vainqueurs ; Et la bête, sans doute, a broyé bien des cœurs, Pour que toute la vie en ses yeux se confonde.

Ceux que l'bydre a couchés dans ses flancs ténébreux. Ce sont nos morts sacrés, devenus la i)àture Des éléments, cruelle et lente sépulture ! L'umvers famélique a mis la deul sur eux,

Et du sang paternel et île la chair des justes, Et de la chair des beaux, et de la chair des forts, Nourri, gorgé, tout plein de l'àme de nos morts. Sent brûler en ses yeux leurs passions augustes.

Lumière de Vénus, feux pâles et mouvants. Rouge et sanglant ilambeau que Sirius allume. Soleil d'or où l'esprit d'Icare se consume, Tous, vous êtes des yeux éternels et vivants I

Et la Terre, œil aussi, brûlant et sans paupière. Sent, dans ses profondeurs, sourdre le Ilot amer Que déroule le flux éternel de la Mer, Larme immense pendue à son orbe de pierre.

Page 1