‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 55 sur 65 · LA MER · texte numérisé non relu

LA MER

0 Mer, sinistre Mer que la bise (rautoiiine Secoue et fait claquer ainsi qu'un vain lambeau ; 0 Mer, joyeuse Mer, magnilique manteau Qu'agrafe le Soleil aux flancs nus de Latone ;

0 Mer, sinistre Mer dont les gémissements Troublent Tc-iint uncturiif jttiirdé sur les grèves U Mer. joyeuse Mer qui, pour bercer les rêves. As des bruits de baisers et de cbucbotements:

0 Mer, sinistre Mer. pleine de funérailles! 0 Mer, joyeuse Mer que iteuplu un flot vivant ! — La Vie avec la Mort eu toi semblent souvent S'unir pour féconder tes profondes entrailles.

Es-tu la coin)e immense où le phillie sacTt' Des reiiouvellemeiits opère son mystère.

Oïl viennent se tremper les forces de la Terre, Pour embrasser la forme en faisceau plus serré ?

Es-tu le temple obscur de nos métamoi-phoses? Le Trésor infini des mouvements divers Dont s'animent les corps épars dans l'univers, Et des aspects sans fin que revêtent les choses?

Puisque, sans te lasser, l'âpre travail du vent Engloutit dans tes flancs de charnelles semailles, 0 Mer, sinistre Mer, pleine de funérailles ! 0 Mer, joyeuse Mer que peuple un flot vivant 1

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