‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 65 sur 65 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Du temps et de l'oubli bravant la flétrissure, J'ai porté mon amour superbe par les cieux ; Laissant couler mon sang, j'ai caché ma blessure, Et mon rire navré but les pleurs de mes yeux.

Ne méritant de Toi, ni pitié, ni colère.

Brisé, mais non vaincu, j'attends l'heur de mourir

De ma longue vertu dédaignant le salaire.

Par Toi, j'ai tout pevdu fors l'orgueil de souffrir!

Je savais que t'aimer était une œuvre impie Et j'ai jeté mon être en proie à ta Beauté. Jaloux de ma douleur, fier du mal que j'expie, Je marche, en te chantant, vers l'immortalité.

Et maintenant j'ai dit : Sois belle et sois aimée; Ouvre à qui veut mourir le tombeau de ton cœur. — Dans mon amour viril j'ai ma gloire enfermée, Et, de l'oubli, ton nom fera mon nom vainqueur!

SOXNET LIMINAIRE

Ayant écrit ces vers ainsi qu'un testament Où, du peu que je fus quelque chose demeure, Il n'importe aujourd'hui que je vive ou je meure, Pourvu qu'ils aient conté mon immortel tourment!

Pourvu qu'ils aient charmé, ne fût-ce qu'un moment, Fugitifs et lointains comme une voix qui pleure, Celle dont je serai, jusqu'à la dernière heure, Le triste, le fidèle et l'inutile amant !

Donc, si quelqu'un me dit parjure à la pensée Du meilleur de mon sang dans ces lignes tracée, Sois là pour me défendre et pour le châtier,

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