JEUNESSE
(Sonnet.)
Sur mon front, ô Jeunesse, ta couronne est déjà presque défleurie. Je sens sur mon front qui se penche peser le poids de la vie, naguère si léger.
Mais mon âme se fait meilleure dans ma poitrine, comme le fruit mûr. Humble et hardie, elle sait plier et résister; blessée, elle ne gémit pas; elle comprend beaucoup, pardonne beaucoup.
Déjà se dissipent tes brèves et dernières aurores, ô Jeunesse : les rives se taisent quand Forage tonnant est passé.
J'entends d'autres sons, je vois d'autres clartés. Je vois en des yeux fraternels briller des larmes vives; j'entends haleter des cœurs fraternels.