‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 128 sur 141 · L'EXEMPLE · texte numérisé non relu

L'EXEMPLE

(Sonnet.)

Le vieillard me regarda, entre les arbrisseaux que le printemps couvrait de bourgeons. Sur cette placide poitrine la barbe était douce comme la laine des agneaux.

Il me regarda, me sourit. Et ses cheveux étaient si blancs qu'en vérité il n'y avait rien de plus blanc aux alentours. Et aux alentours les oiseaux chantaient.

Il continua de s'avancer à travers les champs. Les champs étaient vastes. A chaque instant, de loin, je le voyais se pencher, se redresser.

Et jamais il ne cessait de peiner sur sa route, ce vieillard! — Toi, ô ma main, quelle forme gisante as -tu relevée?

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