‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 14 sur 141 · L'HERMÈS · texte numérisé non relu

L'HERMÈS

(Sonnet.)

Funus tacilum.

Quand je m'allonge sur ma couche, trisle et somnolent, parce qu'à la fin rien ne peut plus me leurrer, (les dernières étoiles tremblent, à demi éteintes, reflétées dans le trouble marécage),

Lentement une figure de femme naît de l'ombre froide, telle une fleur, et grandit; et cette grande fleur vivante m'envoie la radieuse lumière de ses membres nus.

Je redresse le front; dans ma torpeur, un transport de haine insensée me suffoque, une violente fureur de briser cette forme

Muette, ce funeste hermès d'amour qui se tient là, solitaire, à contempler la foret abattue de mes vingt ans.

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