‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 30 sur 141 · CUIVRÉE · texte numérisé non relu

CUIVRÉE

(Sonnet.)

Après qu'elle est sortie du bain, toute ruisselante, enveloppée clans ses cheveux sombres, le corps frissonnant, elle imprime sur le sable sec les contours de ses membres purs.

Tantôt elle serre dans sa main les fruits vivants de sa gorge, dont elle fait saillir les pointes dures : tantôt elle se roule, et les aspérités du sable salissent sa peau d'étranges dessins.

Puis, ainsi maculée, elle s'offre à Tembrassement lunaire, étendue sur le lit des algues; et elle demeure immobile, couchée à la renverse.

Et, de loin, sur ce fond sombre, elle apparaît comme une grande statue de cuivre rongée par l'âcreté marine.

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