‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 31 sur 141 · LA FEMME DE LA MER · texte numérisé non relu

LA FEMME DE LA MER

(Sonnet.)

Elle dormait depuis longtemps. La divine Mer protégeait dans ses eaux la divine dormeuse. Il y avait, incertaine, une aube lunaire dans la. profondeur sous-marine,

Et cette aube éveillait une immense fluctuation de formes. Autour de la femme couchée s'enlaçaient comme des serpents les algues noires et amères; une ferrugineuse forêt de coraux

Se ramifiait sur sa tète, en de douces noces; les mollusques se multipliaient lentement sur le corps nu du monstre humain;

Et d'énormes crustacés, stupéfaits, regardaient de leurs yeux saillants et inertes l'animal nouveau, si doux et si étrange!

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