CONGÉ
Vocal juin carbasus auras.
Quelle déesse passe dans le ciel nocturne et resplendit, vermeille comme une aurore?
Mon âme frémit et s'élance, attirée là-haut comme vers une aurore.
0 mon Ame, tous les bandeaux tombent. C'est l'Aurore ! c'est l'Aurore !
Prête est la Nef. Adieu, forets de myrtes! A la voile ! A la voile !
Les vents, joyeux esprits, chantent dans le creux de ma voile.
Chantez, ô vents! Par delà les syrtes infâmes poussez ma voile!
Que derrière moi reste ma honte avec les délices morts.
Avec les fleurs et avec les fruits de mensonge sur les arbres morts.
C'est une vie plus large que rêve mon cœur, et
une plus fière mort.
Chantez, ô vents! Sur la Mer inconnue est l'Ile promise.
Là, comme au sommet d'un immense autel, est la joie promise.
J'y marquerai l'empreinte de ma chaussure. A moi, Gloire promise!
LE LIVRE D'ISAOTTA
(ISOTTÈO) [1883-1886.]
(mètres traditionnels du xiv0 et du xve siècle.)
(Traduction partielle, faite sur l'édition de 1890.)