‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 44 sur 141 · LA VISITATION · texte numérisé non relu

LA VISITATION

A l'aube, quand les feux sidéraux s'éteignent dans une divine humidité (il semble que, fragrante de givre, la terre exhale son dernier rêve),

La Mort, fermant le grand arc de ses ailes, appuyée sur sa faulx adamantine, regarde l'Amour endormi ; puis elle s'incline lentement sur les tièdes oreillers.

Elle baise la joue pâle et la bouche pâle, que la volupté décolore; et elle songe à la pâleur de l'asphodèle.

Celui qu'elle caresse éprouve dans son somme1'] un froid ; il murmure : « Est-ce toi, Aurore, qui

me baises? » Mais son cœur se serre d'une crainte

inconnue.

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