LES EBATS
Je vois dans un verger mes belles qui, comme celles de la fresque d'Orcagna, resplendissent au soleil, enguirlandées de violettes, et s'ébattent chacune à sa guise.
Et elles n'ont pas, comme celles d'autrefois, un épervier sur le poing, ni ne jouent de la viole. Les unes sèment des fleurs, les autres des paroles; d'autres roulent une douce et secrète pensée.
Du haut d'un arbre, la Mort les contemple; et à ce regard les chairs pures défleurissent sur les os.
Je vois mes belles qui tremblent fort, se fanent, blêmissent et se raidissent: et chacune se couche dans une fosse.