‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 56 sur 141 · LES LYS · texte numérisé non relu

LES LYS

(Sonnet.)

Lorsque, pour la première fois, elle s'offrit à moi avec un immense cri (mon âme en tremble encore), une grande gerbe de lys, pur emblème, exhalait près de la couche son pur encens.

Aujourd'hui, lorsque impurement tous mes sens boivent en elle la volupté suprême, j'entends le flux de mon sang qui faiblit, et je crois entendre le grondement de la Mort.

Mais les lys (tandis qu'un voile obscurcit mes yeux et que. derrière ce voile, mon âme oublie tout), les lys, les lys, de temps à autre.

Hauts et seuls, mon âme les voit resplendir dans l'ombre, au moment où, moribonde, elle se replonge dans la volupté.

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