‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 57 sur 141 · LES HESPÉRIDES ET LES GORGONES · texte numérisé non relu

LES HESPÉRIDES ET LES GORGONES

(Sonnet.)

Dans ma pensée resplendissent les jardins vermeils où chantent les Hespérides. Aréthuse dit, chantant : « Qui veut, d'une lente main, entrelacer des lys dans ma chevelure dénouée? »

Eglé et l'autre disent : « Les fleurs offrent des couches très agréables. Qui veut descendre, à la nuit close? » Et les Gorgones rient aux éclats, et Méduse agite ses serpents et recourbe ses griffes.

Cependant le troupeau d'hommes qu'elles ont pétrifié écoute les voix des trois sœurs : car le sentiment persiste encore dans la pierre.

En d'obscurs méandres leur âme gémit et grince, seules ensevelie dans l'horreur. Et vainement, vainement résonne la douce invitation.

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