‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 59 sur 141 · PARABOLE · texte numérisé non relu

PARABOLE

(Sonnet.)

Je serai comme celui qui s'étend à l'ombre d'un grand arbre chargé de fruits, las enfin de porter l'arc ou l'arbalète. Sur sa tête, les fruits mûrs pendent à la branche.

Mais il ne secoue pas la branche, n'allonge pas la main, ne guette pas les proies au passage. Il est couché; et, d'un geste ménager, il ramasse les. fruits que cette branche rend au sol.

Il ne mord pas profondément à la pulpe suave, pour y chercher le suc essentiel : car il craint l'amertume; mais il flaire,

s Et puis suce, avec un plaisir limpide, sans avidité, ni triste ni joyeux. Sa courte fable est. déjà finie.

Page 1