‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 60 sur 141 · RURSUS HOMO EST · texte numérisé non relu

RURSUS HOMO EST

(Sonnet.)

Au soleil levant, quand ce sera la saison nouvelle et que les arbustes verdoieront sur toutes les rives, je men irai seul vers des lieux où Ton n'entendra ni le travail des hommes ni le chant des jouvencelles.

Alors, dans le souffle des choses, dans cette profonde paix, puissé-je voir, ô Amour, tomber ta grande illusion, ce serpent qui m'enlace l'âme et le corps de si durs anneaux !

Et je dirai en pleurant de douceur : « O toi, bon Esprit de la Terre, toi aussi, renouvelle ma vie! Fais-la plus pure et plus forte! »

Au loin, dans la sérénité du ciel, ou entendra le tonnerre annoncer le miracle nouveau. Et je ressusciterai de ma mort.

Page 1