TRISTESSE DUNE NUIT DE PRINTEMPS
(Madrigaux. |
La mère Terre, émue jusqu'au fond des entrailles par le Soleil nouveau, médite en ce moment de sublimes prodiges. Terrible et obscure est sa puissance.
Mais dans la nuit religieuse toutes les formes composent une immense forme unique. Paisible est l'attitude de la Mère auguste qui dort.
Les divines étoiles contemplent ce sommeil en silence. Elle respire le monde. Je l'entends qui, dans la nuit, soulève puissamment et sans arrêt son sein profond.
Après que, sur la colline, déjà la lune s'est éteinte,
les aslres pleuvent, larmes immortelles, dans la nuit profonde, humide, attentive.
Silencieuses larmes de douleur, les astres pleuvent dans l'éther. De quels yeux? 0 pleur versé sur les obscures choses !
0 divine pitié sur notre cœur humain ! O pitié qui sur nous tombe des vastes cieux! Jamais peut-être, ô notre amour lointain, jamais tu n'as pleuré toimême avec tant de douceur.
En moi misérable font grand tumulte les rêves clos; et c'est avec une souffrance nouvelle que d'un vague désir renaît un autre désir.
Muette est ma bouche, comme si la Mort y avait apposé son sceau de glace; et mon âme, désormais, n'entrevoit plus d'espérance.
En vain, du haut des cieux, la douce Aube regarde. Ma chair est lasse, et déjà mon âme expire.
LA CHIMKIIE. 20T
Où tendent les astres dans leurs chœurs lents? Par la voie des ombres ils tendent vers le Jour. Mon âme, unis-toi à leurs rayons!
La voie des ombres monte vers des portes d'or; à Tentour coulent des fleuves d'oubli; sur le seuil se tient la Mort, étincelante.
Elle se tient sur le seuil, prête à ouvrir. Mon âme. suis les astres dans leur route. Qu'il te soit doux de pâlir avec eux : c'est signe qu'enfin le nouveau Jour est proche.