AUX OLIVIERS
(Sonnet renversé.)
Oliviers, arbres sacrés, ô vous qui, dans la terrible ardeur méridienne, attentifs, écoutez la mer, ô vous qui écoutez son verbe mystérieux dans la splendeur des firmaments,
Oliviers, arbres sacrés, entendez, entendez la prière de l'homme! Ô vous, palladia munera, ô vous, plus sacrés que la vigne,
Plus sacrés que la moisson , arbres insignes , versez la paix dont vous rayonnez, votre paix glorieuse, versez-la bénignement dans mon cœur,
Oliviers, arbres sacrés, ô vous, sereine guirlande des collines, vous qui, dans l'azur immense, êtes graves d'une telle majesté que je songe à l'antique déesse Pallas Athêna !
(Sonnet.)
Vigilante, elle est dès l'aube sur le seuil de la maison, la vieille Mère ; et elle regarde Taire carrée où, gaillardement, ses fils sont en train de travailler, de chanter.
Le soleil monte; Taire est embrasée; on entend les bœufs qui halètent dans la paille. Et voici que les voix se font plus rares pour le chant, voici que la main se fait plus lente à l'ouvrage.
Mais la douceur de la compassion maternelle rend au cœur des fils la patience héréditaire. Or, parmi les sueurs
Et la soif et la poussière et le vent, la patience est la pure huile d'olive qui réconforte les membres des lutteurs.