VERE NOVO
(Sonnet.)
Pour moi, ô printemps, sur les tièdes oreillers, l'heure qui passe est toujours nocturne. En vain ton soleil nouveau dore, le matin, mes fenêtres désertes.
Les amandiers en robes nuptiales rient donc encore dans l'azur? L'arbrisseau flexible se couvre encore de fleurs sur la berge? Le lin ondoie encore dans les sillons?
.Mes yeux obscurcis ne les verront pas; je ne te verrai pas sourire, ô suave Printemps que mon âme rêve.
Je ne viendrai pas sous les amandiers, ni dans les prairies, ni dans les labours, ni le long de la berge. Trop lourde sur mon cœur pèserait la honte.