‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 96 sur 141 · EXHORTATION · texte numérisé non relu

EXHORTATION

(Sonnet.)

Mon àme, pourquoi t'attardes-tu lâchement entre l'ennui de la vie et la peur de la mort? Les flambeaux sont éteints. Rien ne luit dans l'immense abjection.

Pourquoi donc t'attardes-lu? Es-tu leurrée encore par l'espoir d'une dernière aventure? Regarde bien ta voie : elle est nue, silencieuse, comme resserrée entre deux aveugles murailles.

Puisque n'arrive pas la foudre soudaine, pourquoi t'attardes-tu désormais? N'en doute pas : la grande paix te sera concédée.

Plus d'une fois, sur la face des cadavres froids dans leur bière, tu as lu que la Mort tient sa promesse.

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