LE BON MESSAGE
(Quatrains rimes.)
« Et les petites feuilles au bout des branches » printanières? Et le ciel si vaste? Et les enfants? » Et les tombes vénérables? Et la mère? Et la » maison que tu aimes? »
Est-il possible qu'une fois encore me vienne de cette voix un tel bien! — Donc, ô ma sœur, au bout des branches, des branches tendres, pointe la première feuille? Et elle brille? Et tu as recueilli
La rosée dans le creux de ta main? Ces choses, n'est-ce pas? sont bonnes encore. Et déjà tu as chanté quelque chanson à la mère inquiète d'un absent?
Qu'elle ne pleure pas. Il reviendra, le cher fils, au foyer. Il est las de mentir. Il reviendra, et jamais plus il ne voudra repartir : non, jamais plus ! Depuis trop longtemps il est seul.
Demain il reviendra... Veux-tu que je revienne
demain? Eh bien, attends-moi, ô ma sœur! Oui, les petites feuilles, l'herbe nouvelle, et les eaux courantes, et certaines journées
Si claires qu'elles semblent baignées d'un lait divin, et certaines nuits lentes où semble soupirer une secrète angoisse que suit un calme plus profond,
Il faut que je les voie, que j'en jouisse! Ces choses, il faut que je les voie, que j'en jouisse; et que tu sois ma compagne, toi seule; et que seulement dans tes doux yeux de violette, et dans ceux de ma mère, je regarde, je croie!
Ah, puissé-je toucher enfin l'arbre et l'arbuste avec des mains pures, et n'être plus troublé par aucune convoitise! Aujourd'hui, toute la bonté s'amasse dans ce cœur qui a connu tous les dégoûts :
Tant de bonté que mon cœur me paraît immense. . . — Mais dis-moi, dis-moi : est-il donc vrai qu'au bout des branches, des branches tendres, pointe la première feuille? et qu'elle brille? et que tu as chanté?