COLUMBARIUM
kA Eugène Vallée.
1 our la cendre des morts, comme chez les anciens, On nous donne l'espoir d'un vaste columbaire : La rotonde où chacun pourra loger les siens, Comme si nous vivions sous Auguste ou Tibère.
Quasi crépusculaire, un jour mystérieux, Tombé d'un haut vitrage éclairant la coupole, Suffirait à l'auguste et froide nécropole, Le colombier suprême où tiendraient nos aïeux.
A des prix variés, les pauvres et les riches, Usant d'un droit égal à l'heureux demi-jour, Comme dans un théâtre au funèbre pourtour, Avec un numéro visible auraient leurs niches ;
Et, veillant sur les morts, de pieux balayeurs (Si les chauves-souris, les papillons nocturnes Dans leur vol sacrilège osaient frôler les urnes) D'une tête de loup les enverraient ailleurs.
Moi, d'autre part, après cette vie éphémère, J'aimerais mieux aller dormir profondément Dans le sein de ma vieille et belle et chaste mère, Dans la terre, qui fut mon premier élément.