SOUS LES PEUPLIERS
c.4 Taul 'Dupray.
i-r e bruit tumultueux de mes hauts peupliers Qui toujours recommence et jamais ne s'achève, Fait croire à l'Océan sur une vaste grève Où déferlent sans fin les flots multipliés.
J'évoque, en revenant à des scènes passées, Des rivages lointains par l'hiver assombris, Où, dans un grand désert de sable, dispersées, Des barques dautrefois ont semé leurs débris.
Même d'anciens vaisseaux, broyés à marée haute, Qui sortaient des chantiers du Havre ou de Cadix, M'apparaissent au loin, oubliés sur la côte, Parmi les chardons bleus et les verts tamaris.
L'un a perdu sa coque, et l'autre sa mâture, Par une grosse mer, sous un ciel désastreux, Sans avoir rien compris à la sombre aventure, Et leurs débris encor s'interrogent entre eux.
En mêlant sa voix rauque aux bruits de la tempête, Parfois un goëland, fatigué de son vol, Referme sa grande aile et brusquement s'arrête Sur le couronnement du navire espagnol.
On aperçoit, d'après une antique légende,
A mer basse émergeant, les restes d'un vieux brick,
Qui naviguait jadis sous pavillon d'Irlande
Et qu'avait au départ baptisé saint Patrick.
Cette côte sauvage, âpre, inhospitalière, Dont on entend, la nuit, écumer les brisants, Sur la grève et la dune est un vrai cimetière, Qjii s'élargit, depuis des siècles, tous les ans,