AUX ENFANTS DU PAYS
xA Eugène le SCouêl.
Deaux enfants, plus joyeux que les merles siffleurs
Réveillant Us échos de nos fraîches vallées,
Enivrés de parfums sans regarder les fleurs
Que vos pieds, aux deux bords du chemin, ont foulées;
Beaux enfants, plus joyeux que merles et pinsons. Vous êtes bien petits, mais vous grandirez vite Et deviendrez de francs et robustes garçons, A l'âge où, pris d'amour, le cœur troublé s'agite.
En robe de vestale, arrivant à l'autel, Aux chants <f Alléluia, vos jeunes fiancées, Souriant à l'espoir d'un bonheur immortel, Sous vos yeux rougiront à paupières baissas.
Plus tard, près d'un berceau, blanches comme des lys, Dans leurs saintes douleurs, vos chères amoureuses, Tressaillant d'allégresse au premier cri d'un fils, Béniront l'avenir, femmes deux fois heureuses.
Alors, peut-être, alors... un bruit de canons sourds Aux bords de l'horizon déjà noir de fumées, Annoncera de loin la marche des armées, Multipliant en règle un bruit mat de pieds lourds.