‹ Poésies, 1890-1896Chapitre 39 sur 81 · BERCEUSE · texte numérisé non relu

BERCEUSE

Jeix maternel au pur contour, Veiné d'azur, gonflé d'amour, Ton bit s'échappe d'une fraise Où la soif de vivre s'apaise, Où l'enfant boit, souriant d'aise.

Sein maternel, doux oreiller, Où, bienheureux de sommeiller, Bouche ouverte, paupière close, Le fortuné chérubin rose Dans un calme divin repose.

Rêve-t-il de ciels inconnus,

L'enfant merveilleux qui vient d'elle ?

Sa voix a des cris d'hirondelle,

Et ses joyeux petits bras nus

Ont comme des battements d'aile.

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